Quelques articles intéresants d'AEF publiés en marge de Milipol



  • AEF info : Quels sont les principaux enjeux identifiés par le CSF en vue des JO de Paris 2024 ?

    Marc Darmon : Les Jeux olympiques seront un événement sportif d’une dimension absolument sans précédent en termes de nombre de lieux, d’athlètes, de spectateurs, de bénévoles… Le but principal, c’est évidemment d’assurer la sécurité, mais nous souhaitons aussi saisir l’occasion pour faire de cet événement une vraie vitrine de l’industrie française. Nous avons, en France, une industrie de sécurité qui est leader au monde. Nous voulons nous assurer que la plupart des marchés ne seront pas pris par l’industrie chinoise, japonaise ou israélienne.

    Beaucoup de composantes de la sécurité seront concernées : gestion des flux, gestion des identités, vidéoprotection des sites, cybersécurité, télécommunications – notamment pour les forces de sécurité… Il faudra également de grandes salles de contrôle et de supervision pour anticiper la menace, gérer les incidents, freiner les passages à l’acte et gérer les informations en cas de problèmes.

    Nous avons répertorié les compétences et les produits disponibles en France. Nous avons fait faire une analyse par des entités objectives et neutres pour être capables de labelliser plus de 150 solutions disponibles et faire en sorte que l’industrie française puisse s’organiser pour offrir des réponses pour cet événement.

    AEF info : Est-il envisagé d’utiliser des nouvelles technologies comme la reconnaissance faciale ?
    Marc Darmon : Nous ne parlons pas de solutions futuristes pour lesquelles l’avancée technologique n’est pas mûre et qui comportent encore un risque incontrôlé de mise en place. Mais nous proposons effectivement des solutions qui ne sont pas forcément encore toutes installées dans le paysage français, que ce soit en termes d’usage ou de cadre juridique, sur la reconnaissance faciale notamment (lire sur AEF info). Elles doivent permettre de suivre les flux, repérer des profils, dans un souci d’optimiser les opérations plutôt que dans un souci de flicage. Le but est surtout de favoriser le filtrage, l’accès aux sites. Un peu comme les sas Parafe installés dans les aéroports, qui permettent de vérifier l’adéquation entre un visage et un passeport. Il n’y a pas du tout de croisement avec un fichier, on remplace simplement le travail d’un policier aux frontières, qui est parfois plus long, pour fluidifier l’accès au site (lire sur AEF info).
    AEF info : Le projet relatif à la "sécurité des territoires" fait-il référence à la "safe city" ?
    Marc Darmon : Oui, la "safe city" a un rapport avec le thème des territoires. Il s’agit de développer des solutions de protection, de surveillance, qui soient adaptées non seulement aux très grandes villes mais à toute collectivité locale. Une grande ville peut facilement lancer un appel d’offres et mettre en œuvre des expérimentations, alors qu’une petite commune, d’une centaine ou d’un millier d’habitants, a très peu de moyens pour le faire. Elle ne sait pas toujours à qui s’adresser ou rédiger un cahier des charges aussi fourni que peut le faire une direction de la sécurité d’une grande ville. Il faut qu’on soit capable d’offrir aussi à ces collectivités locales des solutions facilement mises en œuvre.

    En ce moment, nous expérimentons des solutions à Nice, et sommes en train de mettre en place un partenariat avec les mêmes objectifs dans le quartier de La Défense. Nous essayons d’identifier ce qui est utile ou pas utile, acceptable ou pas en termes d’éthique, ce qui est facilement ou difficilement déployable. À Nice, un retour d’expérience entre les industriels et les autorités du territoire sont réalisés après chaque expérimentation, les derniers tests étant prévus pour 2021 (lire sur AEF info).

    AEF info : Dans quel contexte ouvre Milipol pour le marché mondial de la sécurité ?
    Yann Jounot : D’après une étude réalisée pour le salon, le marché mondial de la sécurité a représenté, tous secteurs confondus, 629 milliards d’euros en 2018, en hausse de 7 %, soit deux fois la croissance mondiale. En 2019 et 2020, le marché devrait connaître une tendance annuelle comparable, entre 6 et 7 % d’augmentation. Les zones les plus dynamiques sont l’Asie et le Moyen-Orient qui, en quelques années, ont dépassé l’Europe pour devenir le deuxième marché mondial derrière l’Amérique du Nord.

    Pour la France, la croissance a atteint 2,9 % en 2018, là aussi avec une augmentation qui est du double du taux de croissance de l’économie. Ces évolutions répondent en réalité à un besoin commun : celui de se protéger, qu’il s’agisse des États, des acteurs publics infra-étatiques, des acteurs économiques, des citoyens. On est sur un fondamental : la sécurité, c’est de la protection. C’est un enjeu central pour nos sociétés, et ça conditionne tout le reste.
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    AEF info : Justement, quelle sera la place accordée à la filière de la sécurité ?
    Yann Jounot : Le salon Milipol constitue une occasion privilégiée pour les entreprises de la filière française de la sécurité de présenter leurs innovations dans tous les domaines. La filière des industries de sécurité représente 130 000 emplois dans l’Hexagone, et réalise 30 % de son chiffre d’affaires à l’export. C’est un enjeu économique majeur. Cette industrie sera encore renforcée par la signature, attendue dans quelques semaines, du contrat stratégique de filière (lire sur AEF info). Milipol y contribue directement par cette action de promotion de nos industries de sécurité.

    Nous sommes dans une sorte de foisonnement des idéologies de rupture", déclare Pierre de Bousquet de Florian, coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, jeudi 21 novembre 2019, lors du salon Milipol, organisé à Villepinte (Seine-Saint-Denis). Selon lui, "les services de renseignement portent une attention majeure sur l’ultradroite, qui a commis plusieurs attentats terroristes ces dernières années, comme sur l’ultragauche, qui n’est pas, à ce stade, compromise dans des actions terroristes, mais plusieurs de ses représentants en sont capables et susceptibles de le faire".

    Les agents du renseignement portent en outre une attention particulière aux "radicaux de tous bords". "Les discours sont de plus en plus violents". Il cite notamment, parmi les groupes pouvant évoluer vers une forme d’action terroriste, les antispécistes, les libertariens, les autonomistes, les transhumanistes, les identitaires, mais aussi les écologistes. Le coordonnateur évoque par ailleurs la menace du terrorisme étatique, "une habitude qui s’était perdue depuis les années quatre-vingt". "Il n’est pas à exclure qu’un État acculé puisse recourir à ce type d’action." Par ailleurs, le responsable souligne la "progression inquiétante" des actes de cyberterrorisme. "Il n’est pas exclu que certains aient la volonté de faire s’effondrer un système critique."

    "La biométrie, le croisement de données et la reconnaissance faciale sont des réelles aides pour les forces de l’ordre", déclare Patrick Guyonneau, directeur technique de la DGSI, lors d’une conférence organisée dans le cadre du salon Milipol, jeudi 21 novembre 2019 à Villepinte (Seine-Saint-Denis). "L’ensemble des services discutent de l’utilisation de la reconnaissance faciale depuis un grand nombre d’années. Il faut désormais encadrer son utilisation, trouver la manière de mettre cette aide à la qualité de l’enquête à disposition du plus grand nombre de missions de prévention." (lire sur AEF info)

    "Les services de renseignement doivent affronter, de plus en plus, un tsunami de données", poursuit Patrick Guyonneau. "Cette tendance devrait encore s’accélérer avec l’apparition de nouvelles technologies, comme la 5G. De plus, le 'Privacy by Design' nous offre de moins en moins de données 'en clair'", ajoute-t-il. "Les tendances poussent au chiffrement. Les services de renseignement sont confrontés à deux enjeux : capter plus d’information, et changer les méthodes d’analyse afin de déterminer des intentions, des idées de passage à l’acte avec de moins en moins de contenus et de plus en plus de données chiffrées."

    Les Jeux olympiques de Paris 2024 constituent un enjeu "essentiel" pour les entreprises françaises de la filière des industries de sécurité, souligne pour sa part Gérard Lacroix, délégué général adjoint aux questions de sécurité du Gicat. Il rappelle que les industriels travaillent "depuis plusieurs mois" sur ce sujet dans le cadre du comité stratégique de filière (lire sur AEF info). "La mise au point de dispositifs techniques et technologiques dans tous les domaines […], c’est fait", affirme-t-il également.

    Gérard Lacroix pointe "une petite faiblesse" concernant le cadre réglementaire et législatif. "Il y a un travail à faire du côté des parlementaires pour faire évoluer certains textes et permettre à ce monde industriel de finaliser les processus technologiques qui seront mis en œuvre lors des Jeux olympiques". Le délégué général adjoint du Gicat souligne par exemple que "les industriels savent faire" de la reconnaissance faciale mais n’ont pas le droit de l’intégrer à leurs dispositifs en France. "Nous allons profiter de la porte qui nous est offerte par le ministère de l'Intérieur dans le cadre de ses réflexions conduites au sein du livre blanc [sur la sécurité intérieure] pour faire passer certains messages



  • ... Atroce la lecture de ces articles.

    Je note que Thalès dit bien expérimenter à Nice. Que 2024 Paris sera bien une vitrine technologique. Et que les groupes sous le regard des renseignements sont... "les antispécistes, les libertariens, les autonomistes, les transhumanistes, les identitaires, mais aussi les écologistes"...


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