Frontex veut surveiller les réseaux sociaux



  • Un article de Médiapart :

    Frontex, l’agence européenne de surveillance des frontières, vient en effet de lancer un appel d’offres « pour la fourniture de services d’analyse des réseaux sociaux concernant les tendances et les prévisions en matière de migration irrégulière ». Le marché sera conclu pour une durée de 16 mois, reconduit au plus deux fois 12 mois, pour un montant de 400 000 euros hors taxes.
    L’agence n’a pas peur du mot : elle attend des rapports commandés (« un rapport global sur le paysage des réseaux sociaux utilisés par les migrants, et des rapports mensuels permettant de mesurer l’évolution de la situation ») qu'ils lui permettent « de déterminer, à un stade relativement précoce de la planification des opérations conjointes [entre États de l'UE – ndlr], dans quelle mesure les réseaux sociaux contribueront à l’intelligence prédictive afin d’affecter les ressources de manière appropriée ».
    Pour analyser les « risques » qui pèsent selon elle sur les frontières – une analyse qui est « le point de départ » de toutes ses activités –, « un vaste volume de données et d’informations doit être recueilli et analysé », affirme l’agence. Frontex souhaite donc « saisir les opportunités qui découlent de la croissance rapide des plateformes de réseaux sociaux, qui permettent aux utilisateurs d’interagir les uns avec les autres d’une manière inimaginable auparavant ».
    Les « interactions » des potentiels migrants « sur les réseaux sociaux modifient radicalement la façon dont les gens obtiennent des informations sur l’itinéraire ou tout autre élément important pour leur décision de migrer », constate Frontex.
    L’agence détaille ses attentes : « Les interactions, les conversations et le contenu des réseaux sociaux générés à l’aide de différentes plateformes » devront être analysés pour « améliorer » en premier lieu « l’analyse des risques concernant les futurs mouvements migratoires irréguliers susceptibles d’avoir un impact sur les frontières extérieures de l’UE et de la zone Schengen », et en second lieu « améliorer » aussi « la planification, la conduite et l’évaluation d’opérations conjointes coordonnées par Frontex (aux frontières maritimes, terrestres et aériennes, y compris les opérations de retour) ».
    L’agence n’ignore pas les difficultés de la mission : « Les deux objectifs exigent une gamme d’expertises différentes et vont au-delà de l’analyse open source car les interactions sur les réseaux sociaux sont souvent fermées ou nécessitent une authentification ». L’agence cite à titre d’exemples les espaces numériques à surveiller : « Facebook, forums, blogs, MySpace, YouTube, Vimeo, Twitter, Telegram, Instagram, etc. »
    La liste des personnes visées est conséquente, et commence par « les migrants ». Elle se poursuit par « les trafiquants et passeurs ». Et se termine par « la société civile et les communautés de la diaspora » dans les pays de destination. Où surveiller ces migrants déjà en route ou construisant leur projet ? Le panorama devra se concentrer sur « les populations et les régions du monde les plus souvent associées à des mouvements irréguliers importants et soutenus ».
    https://www.mediapart.fr/journal/international/181019/migrants-frontex-veut-detecter-la-menace-grace-aux-reseaux-sociaux

    Après les annonces de Bercy sur l'analyse des sources ouvertes (OSINT) en ligne pour détecter fraude fiscale, on dirait qu'on est au devant d'une tendance lourde...


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