Projet de tract reconnaissance faciale au lycée Ampère



  • Un petit brouillon de tract esquissé au petit dèj. Merci de vos premiers retours sur le ton général et l'argumentation, avant qu'on ne fasse circuler plus largement !



  • "Et surtout, le jour où les gens de l'administration vous demanderont de signer un petit papier pour consentir à passer sous ces portiques de reconnaissance faciale, dites-leur bien d'aller se faire foutre !"

    xD



  • @felix tu prévois d'en distribuer combien ?



  • Bonne question. Je vais me renseigner sur le nombre d'élèves....



  • Coucou
    Pour s'adresser à des lycéens on s'est dit qu'il faudrait accompagner le tract de quelque chose de moins littéraire. (Quand j'étais au lycée, je faisais des manifs, des blocus mais honnêtement je ne lisais jamais les tracts qu'on me donnait).

    Pour leur parler de façon direct, ça peut être chouette de rompre avec les habitudes de la consommation de masse de faire du contenu générique qui a l'air ciblé. Comme on a l'occasion, on peut faire une communication vraiment spécifique. Voilà pourquoi je propose d'utiliser le lycée comme lieu d'incarnation de la Technopolice. Il vient remplacer la ville sous le soleil noir. (on a de la chance il s'y prête plutôt bien !).
    Le personnage anonyme devient un lycéens anonyme.
    Bon je ne suis pas forcément fan de jouer sur le "matricule" mais ça marche plutôt bien. Le but ici c'est d'exacerber le côté "prison" qu'ont tous les lycées. (Et je pense que cette comparaison existe dans la tête de beaucoup de lycéen). Surtout quand on vient y ajouter de la reconnaissance facial.
    Le "surveiller pour punir" vient rappeler ce qui sera l'utilisation finale de la reconnaissance faciale dans les lycées : pas empêcher des terroristes d'entrer mais de repérer les sécheurs de cours en payant moins de pions. Au final ça ne servira pas à les protéger mais à les priver encore un peu plus de liberté.

    J'avais pensé chaque image plutôt comme un sticker à la base (j'imagine bien le premier se retrouver dans les toilettes du lycée) mais en compo comme ça j'aime bien aussi.

    J'attends vos avis et idées :)
    ampere.png



  • Deuxième message pour un autre sujet plus méta et c'est une vraie question (je n'ai pas d'avis, c'est juste pour qu'on soit clairs avec nous même )

    Cette démarche d'aller parler à des lycéens à la sortie de leur lycée pour leur dire qu'il sont dans la merde mais que nous on sait et qu'on vient leur ouvrir les yeux sur la surveillance et que si ils se rebellent on peut les sauver, ça m'évoque une forme d'ingérence.

    Je sais pourquoi on le fait et je suis prosélyte pour La Quadrature au quotidien sans que ça me pose de problème. Mais le fait qu'on vise des lycéens, qu'on fasse une campagne, qu'on joue sur la peur (de façon légitime certes) soulève tout de même des interrogations.

    Vous trouvez ça ok vous ?



  • @Marne: Les images me semblent super cool et un très bon complément à un manifeste. À voir comment les deux s'agencent (documents séparés ? recto-verso ?).

    Surveiller pour punir est le seul truc qui m'interroge, car -- et j'ai essayé d'en parler comme ça dans le manifeste -- l'idée est ici pas tant du punir, pas dans un premiers temps, mais de justifier des logiques sécuritaires en prenant appui sur le lycée (« si on le fait au lycée pour les entrées-sorties, pas de raison de ne pas le faire partout ailleurs »). C'est l'aspect « rat de laboratoire » mis en exergue dans le tract, et qui cherche pas tant à inspirer la peur que la colère et l'indignation, montrer comment on les instrumentalisent en leur racontant des bobards (qui leur est objectivement difficile à déconstruire : les profs et parents d'élèves du conseil d'administration n'y on vu que du feu)...

    Quant à l'aspect « ingérence », je ne vois pas vraiment les choses comme ça. Il me semble que l'enjeu est de les aider à passer de sentiments et d'émotions sans doute rarement objectivées face à ces formes de contrôle technologique à l'action, en leur amenant des faits et en suggérant des modes d'action.



  • @Marne a dit dans Projet de tract reconnaissance faciale au lycée Ampère :

    Cette démarche d'aller parler à des lycéens à la sortie de leur lycée pour leur dire qu'il sont dans la merde mais que nous on sait et qu'on vient leur ouvrir les yeux sur la surveillance et que si ils se rebellent on peut les sauver, ça m'évoque une forme d'ingérence.

    Je comprends totalement le sentiment. Pour moi c'est moins de l'ingérence que de la verticalité politique. "Nous pensons que vous devriez penser et ressentir ça". En suggérant une reformulation dans le texte, j'ai ressenti ce malaise en tout cas. J'avais l'impression de dire "vous êtes jeunes et vous vous rendez pas compte, mais tkt on est là pour vous dire comment penser". Après, c'est très difficile de faire différemment. On est clairement pas dans une position facile, même si on est bienveillant.

    @Marne est-ce que tu penses qu'en laissant de simple tract imagé, sans mettre des mots on éviterait cet écueil là ?
    Ou alors, en reprenant le ton du manifeste en étant plus sincère dans notre démarche : "Nous ce qui nous fait peur, c'est qu'ils généralisent l'expérimentation dont vous êtes les cobayes. Résistez. Nous avons besoin que que vous la refusiez. Parce que nous pensons que c'est nuisible à nos libertés collectives, et c'est ce que l'on souhaite défendre".



  • Est-ce qu'une vignette avec la représentation du portique de reconnaissance faciale serait utile pour aider à comprendre ce dont il s'agit ?



  • @Marne Il y a environ 700 élèves à Ampère. Apparemment, la CGT prévoirait de faire un courrier à la Région pour dénoncer ces installations.

    Merci pour vos retours, corrections et ajouts. J'ai mis une V2 du projet de tract au propre.



  • @Selim tu aurais une photo ?



  • Non, mais entre les photos qu'on nous avait envoyées et l'article du Parisien montrant un schéma et des vidéos du dispositif Cisco, il y a peut être de quoi faire ?



  • Ça me semble pas très explicite. Même avec la photo les gens ne devinaient pas de quoi il s'agit. https://twitter.com/laquadrature/status/1133316865412018177



  • Ola tous ! Besoin de vos lumières pour le tournage des itw mardi :-)

    Rapide topo sur le droit à l'image des mineurs : écueils et solutions de repli

    [Disclaimer : je ne suis pas juriste, je me permets de soulever ici des contraintes auxquelles j'ai parfois été confrontée professionnellement afin d'anticiper d'éventuelles difficultés mardi. Mais si quelqu'un ici se trouve plus éclairé sur le sujet...]

    Contrainte : On ne peut pas publier de photos ou vidéos d'un mineur sans l'autorisation préalable (consentement écrit signé qui doit mentionner le nom et prénom de l'interviewé, le support de destination et sa durée de vie, la finalité de l'utilisation, etc.) de son représentant légal (parents ou tuteur) ou d'une structure qui la possède (établissement scolaire, club,...) :

    si ce mineur est clairement identifiable
    si notre utilisation de son image est vouée à être publique (sites, réseaux sociaux,...)

    Cependant, je peux miser sur un consentement présumé en enregistrant un accord oral en début d'interview : « tu m'autorises à te filmer et à utiliser ces images dans une vidéo qui sera publique sur [...] site, réseau,... ? ».
    Même si quelqu'un revendique plus tard le droit à l'image ou le droit à l'oubli (je vois loin mais mieux vaut prévenir que...), on pourra toujours avancer le droit à l'information et l'argument de l'événement d'actualité (touchy malgré tout quand il s'agit de mineurs).

    Solutions de repli en cas de pépin, histoire que nos rush ne finissent pas dans la fosse commune :

    Conserver l'audio (leurs réponses) mais utiliser des B-Roll (voire des infographies, du motion design, que sais-je) au montage, car filmer une foule d'individus (même mineurs) dans un espace public c'est OK.

    Filmer les lycéens de trois quarts ou flouter les visages (pas top visuellement et on perd en impact c'est certain...)

    Une bévue (ou mille) se glisse peut-être dans ce pavé... en tout cas j'ai toujours procédé ainsi dans ce genre de cas et jamais rencontré de lézard.

    Qu'en pensez-vous svp ? ;-) Merci beaucoup



  • Topo #2 : les questions posées aux lycéens mardi

    • Tu sais ce que c'est un portique de reconnaissance faciale ?
      [Ils savent probablement, mais par cette question j'attends des définitions de leur bouche, avec leurs mots, et à savoir d'emblée ce que cela signifie pour eux.]

    • Tu savais que ce dispositif allait être testé dans ton lycée ? Qui t'en a parlé et comment on t'a présenté le projet ?
      [Par celle-ci je veux savoir : le proviseur, un prof : qui a porté le projet à leur connaissance, en quels termes et surtout avec quels arguments]

    • T'es pour ou contre ? Tu trouves que c'est bien ?
      [Leur avis, les « plus » et les moins à leur sens]

    • Demain, mettons que la surveillance par reconnaissance faciale devienne omniprésente : t'en penses quoi ?
      [S'ils n'y avaient jamais songé : faire naître un questionnement, sinon quelle est leur opinion]

    • Ça ne te fait pas peur que ce type de dispositif mange de ta liberté/engendre des dérives ?
      [Donner quelques exemples au besoin: discrimination, fuite de données,... pour illustrer avec du concret, ce qui fera peut-être davantage écho en eux]

    • Tu sais que tu n'es pas obligé de signer le papier qu'on va te présenter pour consentir à ce dispositif ? Comptes-tu le faire ?
      [Peut-être ne sont-ils même pas au courant qu'ils ont le choix, en tout cas leur mot à dire, un pouvoir d'action]

    Suggestions ? Réserves ? MERCI :-)



  • Salut @Pauline ! Trop cool que tu viennes filmer mardi.
    Je ne suis pas juriste non plus mais je serai d'avis qu'on prenne le risque. Au pire, la solution de repli sera tout à fait acceptable !

    Concernant les questions c'est top !
    Je pense qu'il faut s'attendre à ce que certains ne voient pas du tout le problème de la reconnaissance faciale voire nous traite de parano.
    Ce sera donc au moins aussi intéressant d'avoir les réponses. (même juste expliquer l'effet panoptique, nos discours habituels etc.)

    Sinon quelques idée de questions complémentaires :

    • Est-ce la première fois qu'un dispositif est mis en place pour encadrer les élèves de manière stricte ?
      (l'idée est de chercher à savoir si la direction de l'établissement à des délires sécuritaires : cf les caméras de surveillance partout à l'école 42 y compris devant les toilettes, ou encore la proviseures de Rocroy qui disait vouloir savoir en permanence où est chaque élève...)

    • À ton avis, pourquoi ton lycée a-t-il été choisi pour faire ces expérimentations ?
      (l'idée ici c'est de montrer que ce n'est pas pour protéger les élèves d'une menace extérieure comme ils le font croire, sinon on aurait testé ça sur des lycées de riche, mais d'une "menace intérieure")

    Merci beaucoup en tout cas :D



  • @Marne
    Je les ajoute de ce pas, merci beaucoup :-)



  • Petit debrief de l'opération de tractage de ce matin.

    Nous étions ce matin cinq sur place. Ça s'est très bien passé globalement (200 tracts distribués), mais c'était encore la pré-rentrée et nous pensons y retourner plus tard cette semaine pour voir plus de monde. Les stickers sont vraiment très visibles et du meilleur effet. Les tracts attirent l’œil des élèves (98% de jeunes hommes, formation CEP/BEP/Bac pro systèmes numériques, agent de sécurité, électrique, clim & froid...). Nous avons pu également parler à quelques personnes du personnel.

    À la fin, le proviseur adjoint est sorti avec la CPE, un peu tendus, et nous ont demandé qui nous étions, de retirer certains tracts que nous avions placés sur les grilles de l'établissement. Il a dit respecté notre liberté d'expression et notre opération de sensibilisation tout en parlant « d'interprétations biaisées », en tenant à savoir qui nous étions et de qui émanait ce tract. Il a expliqué qu'ils avaient fait des réunions lors de du Conseil d'administration qui avait voté le principe de cette expérimentation il y a deux ans (il n'a pas précisé et nous avons oublié de demander qui exactement était présent), expliquant qu'ils « attendaient toujours ». Il était au courant du recours, a dit ne pas savoir exactement quand les portiques seraient installés, et tout en s'en tenant à son « devoir de réserves » a dit qu'il avait conscience des enjeux juridiques et « éthiques » de cette expérimentation, que d'autres réunions d'information se tiendraient. Nous avons pris son mail et allons lui écrire.

    Attention quelques typos repérées dans le texte du tract (corrigé sur le pad).



  • Génial !
    Qu'en pensaient les élèves ? ils avaient un avis sur la question ?

    Attention quelques typos repérées dans le texte du tract (corrigé sur le pad).

    Oups pourtant on a pas mal relu :(



  • @Marne Réactions plutôt intéressées. Un ou deux « et alors c'est quoi le problème ». Mais sinon une bonne écoute, des remerciements (ils comprennent la démarche et apprécient), et @Pauline et d'autres ont eu droit à des réactions indignées « ils nous prennent nos libertés », « ça renforce les discriminations, etc » lors d'échanges entre eux. Donc plutôt encourageant ! Mais on essaiera de faire de capter plus de réactions après qu'ils aient pu en parler entre eux, et surtout à la sortie plutôt qu'à l'entrée en cours (ils seront plus dispos) !